Rétablir la loi anti-casseurs de 1970

Analyse réalisée le 27/10/2026 avec Perlimpinpin 1.0 · Tagadaaa
En résumé
Éric Zemmour veut rétablir la loi anti-casseurs de 1970, qui punissait tous les participants à des violences de groupe, même sans preuve qu'ils avaient eux-mêmes commis des violences. Cette idée se heurte à un principe constitutionnel : on ne peut punir quelqu'un que pour ce qu'il a lui-même fait. Une version adaptée reprendrait des règles qui existent déjà.
Contexte
Depuis le mouvement lycéen d'octobre 2026, Zemmour veut sanctionner plus largement les personnes présentes lors de violences collectives. Après le 17 octobre, 108 personnes ont déjà été poursuivies à Paris pour participation à un groupe violent, un délit qui existe depuis 2010.
Analyse de la proposition
L'idée est de dissuader les gens de rester dans une foule qui devient violente, en les rendant tous punissables. Mais le Conseil constitutionnel exige une faute personnelle, donc une version conforme à la Constitution ressemblerait beaucoup aux règles actuelles. Le vrai problème, selon les chiffres cités, n'est pas le manque de lois mais la difficulté à identifier les auteurs dans la foule.
Points forts et limites
Points forts
- Cohérente avec le reste du plan du candidat
- Coût budgétaire très faible
- Repose sur un texte précis, déjà appliqué entre 1970 et 1981
Points faibles
- La punition collective sans preuve est très probablement contraire à la Constitution
- Une version conforme ferait doublon avec des lois qui existent déjà
- Ne résout pas le vrai problème, l'identification des auteurs de violences
- Exposerait les manifestants pacifiques, très majoritaires dans ce mouvement
- Par le passé, cette loi a surtout servi contre des syndicalistes et des agriculteurs
Faisabilité et mise en œuvre
Rétablie telle quelle, la loi serait très probablement annulée par le Conseil constitutionnel, qui exige qu'une personne ne soit punie que pour son propre fait. Elle ne coûterait presque rien à l'État. Mais les forces de l'ordre feraient face au même obstacle qu'aujourd'hui : identifier les personnes dans une foule. Zemmour n'a pas précisé s'il reprendrait la loi à l'identique ou en l'adaptant.
Sources principales
- décision n° 2010-604 DC du 25 février 2010 (violences de groupes), texte reproduit par Dalloz : https://actu.dalloz-etudiant.fr/fileadmin/actualites/pdfs/DecisionCCViolencesGroupes.pdfConseil constitutionnel · 2010
- « Après le 17 octobre, les premières comparutions immédiates éclairent sur les auteurs des violences », 22/10/2026 : https://fr.news.yahoo.com/sport/apr%C3%A8s-17-octobre-premi%C3%A8res-comparutions-171513877.htmlYahoo Actualités · 2026
- rapport n° 112 (1981-1982) sur la proposition de loi abrogeant la loi du 8 juin 1970 : https://www.senat.fr/rap/1981-1982/i1981_1982_0112.pdfSénat · 1982
Éric Zemmour veut rétablir la loi anti-casseurs de 1970, qui punissait collectivement les participants à des violences de groupe et les rendait responsables des dégâts. L'idée : si tous ceux qui restent risquent la prison, les foules violentes se disperseront plus vite.
Mais cette responsabilité collective se heurte à un principe constitutionnel : on n'est puni que pour ce qu'on a soi-même fait. Une version conforme reprendrait des délits qui existent déjà et ont servi plus de cent fois à Paris après le 17 octobre. Pour ramener le calme, le vrai manque reste l'interpellation des auteurs, et la loi a surtout visé par le passé des syndicalistes et des agriculteurs. Résultat : 32/100, fragile.
Rétablir la loi « anti-casseurs » de 1970, abrogée en 1981, afin de sanctionner plus largement les personnes présentes lors de violences et de pillages collectifs.
Punir tous les participants aux violences de groupe
Détail du score
Opérationnalité & Moyens
Somme de 3 volets10/30
Juridique
Fragile2/10
Budgétaire
Solide8/10
Moyens humains
Incertain documenté5/10
Efficacité
Fragile6/30
Effets rebonds & Externalités
Fragile4/20
Degré de préparation
Incertain documenté4/10
Alignement & Logique globale
Solide8/10
Irréaliste
0 à 19
Fragile
20 à 34
Partiellement fondé
35 à 54
Plausible sous condition
55 à 69
Solide et chiffré
70 à 84
Exemplaire
85 à 100
Le plafond d'opérationnalité est déclenché (volet jugé fragile : faisabilité juridique) : Opérationnalité & Moyens est limité à 10/30.
Voir comment nous notonsExtrait analysé
Sources publiques“Rétablir la loi « anti-casseurs » de 1970, abrogée en 1981, afin de sanctionner plus largement les personnes présentes lors de violences et de pillages collectifs.”
Le raisonnement complet
Mesure reformulée
Mise en contexte dans le programme
Contexte national
Contexte international
Analyse par critères
Opérationnalité & Moyens— 10/30Plafonné — faisabilité juridique
Le plafond s'applique ici à cause de la faisabilité juridique, notée 2/10 : rétablie telle quelle, la loi serait très probablement censurée. Le Conseil constitutionnel exige qu'une personne ne soit punie que de son propre fait, et n'a validé en 2010 le délit de groupement qu'à condition d'une participation « sciemment » établie, alors que la loi de 1970 présumait la responsabilité des participants sans cette preuve. Le coût budgétaire reste faible (8/10), mais les moyens humains restent incertains (5/10) : la mesure bute sur le même obstacle que le droit actuel, l'identification des personnes dans une foule, alors que les tribunaux ont déjà traité plus de 900 comparutions immédiates en quelques jours.
Efficacité— 6/30
Une version conforme à la Constitution n'ajouterait presque rien au droit en vigueur. Les participants volontaires aux violences et ceux qui restent après les sommations sont déjà punissables, et le délit de groupement créé en 2010 a déjà servi plus de cent fois à Paris après le 17 octobre. Ce que la loi de 1970 ajoute réellement, punir des personnes dont la participation n'est pas prouvée, est à la fois inconstitutionnel et sans effet sur le vrai problème : l'identification et l'interpellation des auteurs.
Effets rebonds & Externalités— 4/20
Le précédent de 1970 à 1981 documente un usage tourné contre les mouvements sociaux plutôt que contre les seuls casseurs. Selon le rapport du Sénat de 1981, la loi a surtout été appliquée à des responsables syndicaux, des enseignants, des étudiants et des agriculteurs, parfois condamnés à de la prison ferme sans preuve de leur participation aux violences. Dans un mouvement rassemblant jusqu'à 800 000 manifestants très majoritairement pacifiques, une telle loi exposerait chacun à une sanction pour des faits commis par d'autres.
Degré de préparation— 4/10
Le mécanisme renvoie à un texte précis, mais son articulation avec le droit actuel reste floue. Rien n'indique comment la mesure s'emboîterait avec les délits déjà existants, la loi anticasseurs de 2019 ou le projet de loi casseurs-payeurs examiné au Sénat à partir du 27 octobre 2026. Aucun chiffrage n'est fourni par le candidat.
Alignement & Logique globale— 8/10
La mesure est cohérente avec le reste du plan en quatre points du candidat, présenté le 18 octobre, et avec ses positions répétées depuis le mouvement lycéen d'octobre 2026. Aucune contradiction n'a été identifiée avec le reste de son programme sécuritaire.
Longévité des effets
Ce qui est établi
Ce qui est probable
Ce qui est discutable
Ce qui est inconnu
Angles morts et effets de bord
Verdict final
Ce qui tient : la mesure est cohérente avec le plan du candidat, peu coûteuse, et elle repose sur un texte précis, déjà appliqué de 1970 à 1981.
Ce qui ne tient pas : la responsabilité collective qui en fait l'originalité se heurte au principe constitutionnel selon lequel nul n'est puni que pour son propre fait. Une version conforme reprendrait des délits qui existent déjà et ont servi plus de cent fois à Paris après le 17 octobre. Pour ramener le calme, elle ne règle pas le vrai problème, l'interpellation des auteurs, et elle exposerait les manifestants pacifiques, comme l'a montré son usage passé contre des syndicalistes et des agriculteurs.
Ce qui reste incertain : la version exacte voulue par le candidat. La note retient un rétablissement de la loi de 1970 et de sa logique collective.
Une mesure cohérente avec le programme du candidat, mais juridiquement fragile et peu différente du droit déjà en vigueur.
Sources utilisées
- Sénat, rapport n° 112 (1981-1982) sur la proposition de loi abrogeant la loi du 8 juin 1970 : https://www.senat.fr/rap/1981-1982/i1981_1982_0112.pdf
- Conseil constitutionnel, décision n° 2010-604 DC du 25 février 2010 (violences de groupes), texte reproduit par Dalloz : https://actu.dalloz-etudiant.fr/fileadmin/actualites/pdfs/DecisionCCViolencesGroupes.pdf
- Landot avocats, « Décryptage de la loi manifestations 2019-290 du 10 avril 2019 » (et décision n° 2019-780 DC) : https://blog.landot-avocats.net/2019/05/01/decryptage-de-la-loi-manifestations-2019-290-du-10-avril-2019-video-4/amp/
- Public Sénat, « Les sénateurs LR veulent ressusciter la loi anti-casseurs », 03/05/2018 : https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/les-senateurs-lr-veulent-ressusciter-la-loi-anti-casseurs-85639
- 20 Minutes, « Manifs lycéennes : Zemmour veut faire payer les parents jusqu'à la nuit des temps », octobre 2026 : https://www.20min.ch/fr/story/manifs-lyceennes-zemmour-veut-faire-payer-les-parents-jusqu-a-la-nuit-des-temps-103645876
- JDD, « Violences urbaines : il n'y aura pas de retour à la paix sociale sans la remigration, martèle Éric Zemmour », octobre 2026 : https://www.lejdd.fr/politique/violences-urbaines-il-ny-aura-pas-de-retour-a-la-paix-sociale-sans-la-remigration-martele-eric-zemmour-186411
- Presse Agence, « Éric Zemmour : c'est leur haine de la France qui unit ces émeutiers » (plan en quatre mesures), octobre 2026 : https://presseagence.fr/paris-eric-zemmour-cest-leur-haine-de-la-france-qui-unit-ces-emeutiers/
- LCP, « Lycées bloqués : le projet de loi casseurs-payeurs examiné fin octobre au Sénat », 05/10/2026 : https://lcp.fr/actualites/lycees-bloques-le-projet-de-loi-casseurs-payeurs-examine-fin-octobre-au-senat-442963
- Yahoo Actualités, « Après le 17 octobre, les premières comparutions immédiates éclairent sur les auteurs des violences », 22/10/2026 : https://fr.news.yahoo.com/sport/apr%C3%A8s-17-octobre-premi%C3%A8res-comparutions-171513877.html
- Politis, dossier « 17 octobre » (chiffres de mobilisation) : https://www.politis.fr/dossiers/17-octobre-macron-recolte-la-colere/
Élevé sur l'obstacle constitutionnel et le recoupement avec le droit actuel ; moyen sur l'effet réel de la loi de 1970 à son époque, faute de statistiques.
Et vous, qu'en pensez-vous ?
Votre avis sur la mesure elle-même — pas sur la qualité de notre analyse.
Je trouve cette analyse pertinente
Votre avis sur la qualité de notre travail — pas sur la mesure elle-même.
Analyses générées par l'IA
Une méthodologie commune et évolutive, appliquée à chaque mesure.
Méthodologie avec des experts
Construite avec économistes, experts et journalistes.
Sources publiques et documentées
Données institutionnelles et sources de référence.
Vous n’êtes pas d’accord avec cette analyse ?
Vous pensez que des choses manquent ? Relisez et commentez les analyses avant publication, en adhérant à l’association pour 2 €.
Rejoignez-nous →
