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Une Constitution du travail de 50 pages

Gabriel Attal
Gabriel AttalRenaissance · 19 octobre 2026
Score Perlimpinpin
48/100
Partiellement fondé

Analyse réalisée le 19/10/2026 avec Perlimpinpin 1.0 · Tagadaaa

En résumé

Gabriel Attal veut remplacer le Code du travail, plus de 11 000 articles aujourd'hui, par un texte d'environ cinquante pages limitant la loi à de grands principes. Le reste serait négocié dans les branches et les entreprises. L'idée est possible juridiquement et coûterait presque rien à l'État, mais elle se heurte à un problème concret : neuf entreprises de 10 salariés ou plus sur dix n'ont personne pour négocier.

Contexte

Le Code du travail est passé de 5 131 articles en 2004 à 11 487 au 1er janvier 2025. Depuis 2017, l'accord signé dans l'entreprise l'emporte déjà sur celui de la branche pour la plupart des sujets. Le frein n'est donc plus la loi, mais le manque de négociateurs sur le terrain.

Analyse de la proposition

La mesure prolonge un mouvement commencé il y a vingt ans, qui donne déjà beaucoup de pouvoir à la négociation d'entreprise. Mais en 2022, seules 10,9 % des entreprises de 10 salariés ou plus avaient un représentant syndical pour négocier. Les ordonnances de 2017, qui allaient dans le même sens, n'ont eu qu'un effet limité sur l'emploi. Sans négociateurs, donner plus de pouvoir à la négociation change peu de choses en pratique.

Points forts et limites

Points forts

  • Possible sans changer la Constitution, par une loi
  • Coût quasi nul pour l'État
  • Dans la continuité du vote du candidat en 2017

Points faibles

  • 9 entreprises de 10 salariés ou plus sur 10 n'ont pas de représentant syndical pour négocier
  • Un texte de 50 pages sans rien d'autre ne respecterait pas le droit européen
  • Le contenu exact du socle de principes n'est pas connu
  • Ce qui s'appliquerait en l'absence d'accord n'est pas précisé
  • Les ordonnances de 2017, sur la même logique, ont eu un effet modeste sur l'emploi

Faisabilité et mise en œuvre

Un texte de principes sans aucune règle de secours ne respecterait pas le droit européen, qui exige de protéger tous les salariés, ni la Constitution, qui demande à la loi de fixer elle-même les principes essentiels. Il faudrait donc garder des règles applicables quand aucun accord n'est signé, ce qui limiterait la réduction du texte. Le coût pour l'État serait presque nul. Le candidat ne précise ni le contenu du socle, ni ces règles de secours, ni le calendrier.

Sources principales

  • « Les instances de représentation des salariés dans les entreprises en 2022 », mars 2024 : https://dares.travail-emploi.gouv.fr/sites/default/files/7f2f58919d57c66a2c178ec6e4d551ea/Dares_DR_IRP_2022.pdfDares Résultats n° 17 · 2024
  • « Code du travail : 11 487 articles (+124 % en 20 ans) », 20/05/2025, reprenant les indicateurs de suivi de l'activité normative de Légifrance (30/04/2025) : https://contrepoints.org/code-du-travail-11-487-articles-124-en-20-ans/Contrepoints · 2025
  • scrutin n° 49 du 13/07/2017 (loi d'habilitation, vote de G. Attal) : https://datan.fr/votes/legislature-15/vote_49Datan · 2017

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