Analyse réalisée le 16/10/2026 avec Perlimpinpin 1.0 · Tagadaaa
En résumé
Jean-Luc Mélenchon veut supprimer Parcoursup pour que chaque bachelier obtienne la formation de son choix, avec 150 000 places en plus dans le supérieur public. L'idée répond à un vrai problème de manque de places, mais supprimer la seule plateforme n'en crée aucune. Tout dépend du financement des 150 000 places, qui n'est pas précisé.
Contexte
Chaque été, des milliers de bacheliers attendent une place dans le supérieur. En juillet 2026, environ 126 600 candidats n'avaient reçu aucune proposition, contre environ 103 000 en 2025. Le manque de places touche surtout l'Île-de-France.
Analyse de la proposition
Le vrai problème, c'est le manque de places, pas la plateforme elle-même. Là où une licence est pleine, supprimer le tri sur dossier changerait qui entre, selon le domicile ou le hasard, mais pas combien de personnes entrent. Les 150 000 places promises par le groupe parlementaire du candidat s'attaquent directement au manque de places. Mais leur financement n'est pas prévu, et rien n'est dit sur l'aide à la réussite des nouveaux inscrits.
Points forts et limites
Points forts
- Une simple loi suffit à changer la règle
- Prolonge une position du candidat tenue depuis 2017
- Les 150 000 places viseraient le vrai problème du manque de places
- Cohérent avec le reste du programme du candidat
Points faibles
- Supprimer la plateforme ne crée aucune place
- Aucun financement prévu pour les 150 000 places
- Pas de règle connue pour départager les candidats si la formation est pleine
- Rien n'est prévu pour aider les nouveaux inscrits à réussir
- Le candidat n'a pas dit ce qui remplacerait la plateforme
Faisabilité et mise en œuvre
Changer la règle d'accès au supérieur ne demande qu'une loi ordinaire, le Parlement peut déjà le faire. Mais le financement des 150 000 places annoncées, estimé à environ 2 milliards d'euros par an, n'est pas prévu dans le budget. Le candidat ne dit pas non plus quelle règle remplacerait le tri sur dossier, ni quel calendrier suivre.
Sources principales
- « Projections des effectifs d'étudiants de l'enseignement supérieur jusqu'en 2034 », mai 2026 : https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/projections-des-effectifs-d-etudiants-de-l-enseignement-superieur-jusqu-en-2034-101497SIES · 2034
- « Bilan Parcoursup 2026 : plus de 126 000 candidats encore sans proposition à l'issue de la phase principale », 27 juillet 2026 : https://thotismedia.com/bilan-parcoursup-2026-plus-de-126-000-candidats-encore-sans-proposition-a-lissue-de-la-phase-principale/Thotis Media · 2026
- rapport annuel, avril 2026 : https://services.dgesip.fr/fichiers/RAPPORT_CESPMM_2026_Parcoursup-Mon_master.pdfComité éthique et scientifique de Parcoursup et Mon Master · 2026
Jean-Luc Mélenchon promet d'abolir Parcoursup pour que chaque bachelier puisse entrer dans la formation de son choix, et son groupe parlementaire annonce 150 000 places supplémentaires dans le supérieur public. Il répond à un problème réel : le nombre de candidats sans proposition en juillet augmente, et les places manquent, surtout en Île-de-France.
Les nouvelles places agiraient directement sur ce problème, pour environ 2 milliards d'euros par an selon notre estimation. Mais supprimer la plateforme, en soi, n'ouvre aucune place : dans les licences pleines, il faudrait départager par le domicile ou le hasard au lieu du dossier. La principale incertitude reste la réussite des nouveaux inscrits, très faible aujourd'hui pour les bacheliers professionnels.
Jean-Luc Mélenchon promet d'abolir Parcoursup pour garantir à tout bachelier l'accès à la formation de son choix ; son groupe parlementaire y associe l'ouverture de 150 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur public.
Garantir à chaque bachelier une place choisie
Détail du score
Opérationnalité & Moyens
Somme de 3 volets19/30
Juridique
Solide8/10
Budgétaire
Incertain documenté6/10
Moyens humains
Incertain documenté5/10
Efficacité
Incertain documenté13/30
Effets rebonds & Externalités
Incertain documenté10/20
Degré de préparation
Fragile2/10
Alignement & Logique globale
Solide8/10
Irréaliste
0 à 19
Fragile
20 à 34
Partiellement fondé
35 à 54
Plausible sous condition
55 à 69
Solide et chiffré
70 à 84
Exemplaire
85 à 100
Le plafond d'opérationnalité n'est pas déclenché.
Voir comment nous notonsExtrait analysé
Sources publiques“Jean-Luc Mélenchon promet d'abolir Parcoursup pour garantir à tout bachelier l'accès à la formation de son choix ; son groupe parlementaire y associe l'ouverture de 150 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur public.”
Le raisonnement complet
Mesure reformulée
Mise en contexte dans le programme
Contexte national
Contexte international
Analyse par critères
Opérationnalité & Moyens— 19/30
Supprimer la procédure issue de la loi ORE ne demande qu'une loi ordinaire, puisque le législateur fixe librement les conditions d'accès au supérieur, et le régime antérieur à 2018 a fonctionné pendant plus de trente ans. Une réserve demeure : il faudra inscrire dans la loi des critères objectifs de départage pour les licences pleines, le tirage au sort de 2017 ayant été juridiquement contesté. Côté budget, aucun financement n'est prévu pour les 150 000 places, alors que leur coût est estimable à environ 2 milliards d'euros par an. Côté moyens humains, créer ces places suppose de recruter plusieurs milliers d'enseignants et de trouver des locaux, surtout en Île-de-France, sans calendrier annoncé.
Efficacité— 13/30
Supprimer la plateforme ne crée aucune place, alors que c'est le manque de places qui laisse des bacheliers sans proposition : le levier principal ne vise pas directement la bonne cause. Les 150 000 places, elles, agissent sur l'accès, ce qui évite un mécanisme totalement vide. Mais dans les licences déjà saturées, changer la règle de départage ne fait entrer personne de plus : cela change qui entre, pas combien. Les bacheliers professionnels, premiers touchés, visent surtout des BTS restés sélectifs, et un accès ouvert sans accompagnement convertit mal l'inscription en diplôme, seuls 6,5 % d'entre eux obtenant leur licence en trois ou quatre ans.
Effets rebonds & Externalités— 10/20
Le retour d'une affectation par le domicile favoriserait les candidats vivant près des universités demandées, au détriment de la mobilité et de la mixité sociale visées par le service public. L'accès ouvert risque aussi de déplacer l'échec vers la première année, avec un coût en années perdues pour les étudiants, et sans financement des places, la charge retomberait sur des universités déjà fragilisées, alourdissant au passage le déficit public d'environ 2 milliards d'euros par an. À l'inverse, la mesure pourrait réduire le stress des candidats et freiner le recours au privé lucratif, deux effets plausibles mais non chiffrés.
Degré de préparation— 2/10
Le candidat n'a présenté ni dispositif de remplacement, ni règle de départage, ni coût : les 150 000 places viennent de son groupe parlementaire, sans montant en euros. Le diagnostic central est en outre mal lu : les « bacheliers sans débouché » cités correspondent à une étape intermédiaire mi-juillet, alors qu'en fin de procédure 95 % des bacheliers obtiennent au moins une proposition. L'idée que garantir une place serait un retour à un principe constitutionnel est également inexacte : c'est une loi ordinaire de 1984 qui le prévoyait, pas la Constitution.
Alignement & Logique globale— 8/10
La mesure prolonge une position tenue sans interruption depuis 2017 : vote contre la loi ORE, promesse de « démanteler Parcoursup » en 2022, abrogation reprise par le Nouveau Front populaire en 2024. Elle s'articule logiquement avec le reste du programme, notamment la gratuité des études et la fin de la sélection en master. La seule tension interne reste que garantir à chacun la formation de son choix est difficilement compatible avec un nombre de places nécessairement fini.
Longévité des effets
Impact temporel et sectoriel
Ce qui est établi
Ce qui est probable
Ce qui est discutable
Ce qui est inconnu
Angles morts et effets de bord
Verdict final
Ce qui tient : la mesure est juridiquement simple, puisqu'une loi ordinaire suffit, et elle prolonge fidèlement une position que le candidat défend depuis 2017. Le constat de départ est réel, le nombre de candidats sans proposition en juillet augmente, et les places manquent, surtout en Île-de-France. Les 150 000 places annoncées par son groupe s'attaquent à ce vrai problème, pour un coût estimable à environ 2 milliards d'euros par an.
Ce qui ne tient pas : supprimer la plateforme ne crée pas de places. Là où une licence est pleine, abandonner le dossier oblige à départager par le domicile ou par le hasard, ce qui change qui entre sans augmenter le nombre d'admis. Le chiffre de « bacheliers sans débouché » décrit une étape de la procédure, pas une exclusion définitive. Et rien n'est prévu pour que les nouveaux inscrits réussissent, alors que seuls 6,5 % des bacheliers professionnels obtiennent leur licence.
Ce qui reste incertain : le dispositif de remplacement, le calendrier et le financement des places. L'analyse retient l'hypothèse d'un retour au régime d'avant 2018, faute de précision du candidat.
Une mesure juridiquement simple mais qui confond la plateforme avec le vrai problème, le manque de places.
Sources utilisées
- L'Insoumission, « « Nous abolirons Parcoursup » : l'entretien de Jean-Luc Mélenchon au groupe EBRA », 10 octobre 2026 : https://linsoumission.fr/2026/10/10/melenchon-entretien-parcoursup/
- Orange Actu, « Présidentielle 2027 : suppression de Parcoursup, droit de vote à 16 ans… Jean-Luc Mélenchon multiplie les propositions pour les jeunes », octobre 2026 : https://actu.orange.fr/politique/presidentielle-2027-suppression-de-parcoursup-droit-de-vote-a-16-ans-jean-luc-melenchon-multiplie-les-propositions-pour-les-jeunes-magic-CNT000002sCYOg.html
- Groupe La France insoumise, « Parcoursup trie, nous l'abolirons : l'accès à l'enseignement supérieur doit être garanti pour toutes et tous », 25 septembre 2026 : https://lafranceinsoumise.fr/2026/09/25/parcoursup-trie-nous-labolirons-lacces-a-lenseignement-superieur-doit-etre-garanti-pour-toutes-et-tous/
- L'Etudiant, « Présidentielle 2022 : Jean-Luc Mélenchon, « nous supprimerons la sélection à l'entrée du master » », 9 mars 2022 : https://www.letudiant.fr/lifestyle/engagement-et-vie-associative/article/presidentielle-2022-jean-luc-melenchon-nous-supprimerons-la-selection-a-l-entree-du-master.html
- Assemblée nationale, scrutin public n° 351 sur l'ensemble du projet de loi relatif à l'orientation et à la réussite des étudiants, 19 décembre 2017 : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/scrutins/351
- Conseil d'État, avis n° 393743 sur le projet de loi relatif à l'orientation et à la réussite des étudiants, 22 novembre 2017 : https://www.conseil-etat.fr/ressources/avis-aux-pouvoirs-publics/derniers-avis-publies/projet-de-loi-relatif-a-l-orientation-et-a-la-reussite-des-etudiants
- Assemblée nationale, proposition de loi n° 1425 visant à abroger la sélection à l'entrée des formations du premier cycle, 20 juin 2023 : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/textes/l16b1425_proposition-loi.pdf
- Assemblée nationale, proposition de loi n° 2488 relative à la suppression de Parcoursup (groupe UDR), 17 février 2026 : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b2488_proposition-loi.pdf
- Ministère de l'Enseignement supérieur, « Bilan Parcoursup 2025 : un nombre record de candidats, des résultats stables et un accompagnement renforcé », 10 octobre 2025 : https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/bilan-parcoursup-2025-un-nombre-record-de-candidats-des-resultats-stables-et-un-accompagnement-100136
- Thotis Media, « Bilan Parcoursup 2026 : plus de 126 000 candidats encore sans proposition à l'issue de la phase principale », 27 juillet 2026 : https://thotismedia.com/bilan-parcoursup-2026-plus-de-126-000-candidats-encore-sans-proposition-a-lissue-de-la-phase-principale/
- Ministère de l'Enseignement supérieur, L'état de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation n° 19, « L'orientation des nouveaux bacheliers sur Parcoursup » (données 2023) : https://publication.enseignementsup-recherche.gouv.fr/eesr/FR/T129/l_orientation_des_nouveaux_bacheliers_sur_parcoursup_les_voeux_et_les_propositions_d_admission/
- Comité éthique et scientifique de Parcoursup et Mon Master, rapport annuel, avril 2026 : https://services.dgesip.fr/fichiers/RAPPORT_CESPMM_2026_Parcoursup-Mon_master.pdf
- SIES, Note Flash n° 29, « Parcours et réussite en licence : les résultats de la session 2024 », novembre 2025 : https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/2025-11/nf-sies-2025-29-38293.pdf
- DEPP, Note d'information n° 26.42, « En 2025, 199,2 milliards d'euros consacrés à l'éducation, soit 6,7 % du PIB », septembre 2026 : https://www.education.gouv.fr/sites/default/files/document/educationnationaledepp-ni-2026-42pdf-520993.pdf
- SIES, « Projections des effectifs d'étudiants de l'enseignement supérieur jusqu'en 2034 », mai 2026 : https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/projections-des-effectifs-d-etudiants-de-l-enseignement-superieur-jusqu-en-2034-101497
- N. Bechichi, J. Grenet, G. Thebault, « D'Admission post-bac à Parcoursup : quels effets sur la répartition des néo-bacheliers dans les formations d'enseignement supérieur ? », Insee : https://www.insee.fr/fr/statistiques/5432519
- N. Bechichi, J. Grenet, G. Thebault, « Ségrégation à l'entrée des études supérieures en France et en région parisienne : quels effets du passage à Parcoursup ? », Insee, document de travail n° 2021-03, novembre 2021 : https://www.insee.fr/fr/statistiques/5893203
- LCP, « Parcoursup est « un échec sur le plan politique », selon un rapport parlementaire » (mission flash Courbon-Gumbs), février 2026 : https://lcp.fr/actualites/parcoursup-est-un-echec-sur-le-plan-politique-selon-un-rapport-parlementaire-431423
- Acteurs publics, « Pour la Cour des comptes, Parcoursup n'est pas plus performant qu'Admission post-bac », 27 février 2020 : https://acteurspublics.fr/articles/pour-la-cour-des-comptes-parcoursup-nest-pas-plus-performant-quadmission-post-bac
- L'Etudiant, « APB : le ministère officialise le tirage au sort », 27 avril 2017 : https://www.letudiant.fr/etudes/parcoursup/apb-le-ministere-officialise-le-tirage-au-sort.html
- L'Etudiant EducPros, « APB 2017 : le tirage au sort entre les mains du Conseil d'État », mai 2017 : https://www.letudiant.fr/educpros/actualite/apb-2017-le-tirage-au-sort-entre-les-mains-du-conseil-d-etat.html
- L'Etudiant EducPros, « Moins de propositions, peu de choix d'orientation : Parcoursup est-il fait pour les bacs pro ? », 11 février 2026 : https://www.letudiant.fr/educpros/enquetes/moins-de-propositions-peu-de-choix-d-orientation-parcoursup-est-il-fait-pour-les-bacs-pro.html
- AFP via Orange Actu, « Derrière la plateforme numérique Parcoursup, un enjeu de places à l'université ? », 12 octobre 2026 : https://actu.orange.fr/france/derriere-la-plateforme-numerique-parcoursup-un-enjeu-de-places-a-l-universite-CNT000002sFtUv.html
- Diplomeo, « Législatives 2024 : le Front populaire souhaite abroger Parcoursup », 17 juin 2024 : https://diplomeo.com/actualite-legislatives_2024_front_populaire_abroger_parcoursup
- OCDE, Regards sur l'éducation 2025, « Qui est susceptible d'achever des études tertiaires ? » : https://www.oecd.org/fr/publications/regards-sur-l-education-2025_b26d545c-fr/full-report/who-is-expected-to-complete-tertiary-education_a1099e2e.html
- Code de l'éducation, articles L111-1 et L612-3 (Légifrance).
Élevé sur le cadre juridique, la position constante du candidat et les chiffres officiels de Parcoursup et de réussite en licence. Moyen sur l'estimation du coût des 150 000 places (coût moyen par étudiant appliqué par l'analyste, hors locaux) et sur la lecture des chiffres 2026, connus par des reprises de presse du tableau de bord ministériel. Moyen aussi sur le contenu exact de la mesure, le candidat n'ayant pas décrit le dispositif de remplacement.
Et vous, qu'en pensez-vous ?
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